L'élevage
Son Standard : Modèles & Allures
D’un point de vue morphologie, le Frison est une « Gravure de
Mode » pour un cheval de tous les jours, de labeur ou de fête.
Il se caractérise par :
Une encolure greffée haut, bien galbée, parfois un peu courte,
Une tête noble, petite avec des ganaches bien marquées, expressive,
portée fièrement avec de petites oreilles bien dessinées
et très mobiles,
Un dos robuste mais parfois un peu long avec un rein large et souple,
Un garrot bien marqué mais peu saillant,
Des épaules longues, inclinées et dégagées d’un
poitrail puissant, prolongées par des antérieurs plutôt
courts, dont les avant-bras sont parfois un peu courts.
Une croupe forte légèrement oblique est la force d’une arrière-main
« poussante »,
Un corps à la fois ramassé et élancé en font sa
singularité « Baroque ».
Des membres secs, solides avec des articulations prononcées, des jarrets
forts, des sabots durs, ronds et porteurs recouverts de fanons longs et abondants.
Une robe noire ébène aux reflets moirés, des crins longs
soyeux, très fournis et ondulants recouvrant une encolure en arabesque
parfois jusqu’aux épaules, un toupet abondant tombant sur les naseaux
et une queue épaisse.
Tout ceci vers l’âge de 7 ans voire 10, où il atteint toute
sa splendeur !
Une marque blanche en tête, quelques poils gris aux lèvres sont
tolérés mais pied blanc, balzanes et autres marques aux membres
ne sont pas admises.
Le Frison se caractérise donc par son modèle élégant
et ses allures particulières relevées (genou placé haut),
allongées (amplitude du mouvement) , puissantes au trot avec néanmoins
un pas énergique et un galop souple et régulier.
Sa taille varie entre 1m55 et 1m65 mais la plus part toise environ 1m60 même
si certains spécimens toisent 1m70 voire plus.
Sa croissance physique et mentale reste assez tardive, il faut savoir l’attendre
tout en apprenant à le connaître, tisser des liens solides faits
de complicité, de confiance et de respect mutuel, bases d’une relation
qui vous emmènera très loin.
D’un point de vue caractère, le Frison est d’un tempérament
à la fois très posé (équilibré) et très
vif, doux et gentil, de nature proche de l’homme, affectueux, il n’en
reste pas moins très joueur, gai et cabotin… une vraie personnalité
qui ne laisse pas indifférent.
Sa sensibilité et sa bonne volonté accroissent sa grande capacité
d’apprentissage.
Son évolution au fil des siècles
ne l’a pas fondamentalement modifié.
Son appartenance au singulier cheval de guerre, nécessitait de lui et
ce jusqu’à la renaissance qu’il fut un cheval à la
fois robuste, porteur, rapide, maniable et surtout courageux et confiant en
l’être humain.
L’apport de sang ibérique ne va pas bouleverser sa morphologie
mais apporter un peu plus de prestance à son modèle et accentuer
ses allures déjà très enlevées ; il va simplement
le mettre à la mode de l’époque, pour une équitation
royale académique réservée aux seigneurs, puis il deviendra
le cheval de la noblesse et par la suite de la bourgeoisie.
L’engouement des courses de trot au 19ème siècle, va faire
de lui un trotteur léger loin des travaux des champs, ou du carrossier
menant toute la famille en ville, à la messe le dimanche.
Le Frison faillit bien disparaître puisqu’il ne subsistait plus
que 3 étalons en 1920.
Heureusement, ce sera tout de même sa grande polyvalence qui le sauvera
quand, faute de véhicules motorisés en raison d’une guerre
moderne cette fois-ci (1939-1945), il faudra ressortir les Charrettes, Cabriolets,
Omnibus et autres véhicules hippomobiles.
Sauvé, son avenir n’était pas encore tiré d’affaire
car dans les années 60, on ne comptait plus dans les registres du Stud-Book
que 500 chevaux.
Protégé par le F.P.S de tout croisement, une belle perspective
s’annonce pour lui avec l’apparition de l’équitation
de loisir, qui dans les années 80 lui permit de voir le nombre des naissances
augmenter sous contrôle de la consanguinité.
Aujourd’hui, on parle de 2 courants, le Frison soi-disant « typé
baroque » plus lourd et donc carrossier et le soi-disant « typé
sport » plus léger donc plus apte au dressage sous la selle !
Subtilité de langage, que dire, si ce n’est que le F.P.S lui-même
ne fait pas de différence ; peut-être alors une étiquette
de plus, plus « marchande » cette fois-ci où le commerçant
frison (entre autre) se joue des préjugés de l’individu
client.
A chacun sa réflexion, mais le Frison est un cheval suffisamment polyvalent,
unique en son genre avec des individus tous différents les uns des autres
même si de prime abords ils semblent tous identiques...
Les Prédicats ou Marques de valeur :
Le but du FPS (Stud-Book) est d’élever de beaux chevaux tout
en maintenant les caractéristiques spécifiques de la race, en
évitant les croisements consanguins et capables de réaliser des
performances dans les différentes branches de sports équestres.
Tout cela doit se réaliser par la sélection à l’intérieur
de la race.
«Le cheval est de constitution harmonieuse et bien faite, à la
tête noble…Petites oreilles attentives qui se rapprochent légèrement.
Encolure pas trop courte légèrement inclinée, épaule
robuste de position oblique, suffisamment longue, dos fort qui aboutit à
une croupe pas trop courte et qui ne doit pas être trop oblique. Côtes
suffisamment longues, bien voûtées, membres et pieds forts, partie
supérieure des bras bien développée et aplombs corrects.
Allures souples, carrées, élégantes et levées accentuées
en particulier par les fanons, une belle crinière et une queue longue».
Pour atteindre cette image idéale, il importe d’appliquer une politique
de testage sévère : un prédicat est une marque de valeur
reconnue pour un cheval. Il est inscrit sur ses papiers.
Les Prédicats ou Marques de valeur sont reconnues pour le cheval auquel
elles s’adressent et s’inscrivent sur ses papiers.
Un poulain lorsqu’il nait, est inscrit au Livre des Poulains « Veulenboek
», il ne pourra concourir qu’à partir de ses 3 ans pour rentrer
dans le Livre des Origines « Stamboek » pour les
entiers et juments ou au Livre des Hongres « Ruinboek
», excepté pour les pouliches qui peuvent être primées
à 1 et 2 ans.
Les juments restées au Veulenboek (Vb) : + ou -
10 % des effectifs
Soit elles n’ont pas été présentées pour être
inscrites à 3 ans, ou bien dans la majorité des cas, elles ont
été refusées à l’inscription pour une raison
particulière, entre autres pour : Tares dures ou molles aux membres,
problèmes de rotule, museau de cochon ou de brochet, marques aux membres,
taille au garrot trop petite, une ou plusieurs allures irrégulières.
Elles peuvent tenter à nouveau leur chance, l’année suivante
dans le cas d’une boiterie traumatique, ou d’une taille insuffisante
par exemple.
Il est important que les juments ayant des défauts héréditaires
ne soient pas inscrites et soient exclues autant que possible de l’élevage.
Les éleveurs doivent être convaincus de ne pas faire couvrir des
juments de 2 ans et les juments qui ne sont pas dignes du Stud-Book.
Certains prédicats correspondent à des
critères de beauté :
Les juments Stamboek (Stb) : + ou - 65 % des effectifs
Elles sont inscrites au Livre des Juments à partir de 3 ans, et doivent
toiser au minimum 1m50 au garrot, avoir des aplombs corrects et des allures
(pas et trot) suffisantes ; elles étaient marquées d’un
F côté gauche de l’encolure, jusqu’à fin 2000,
le marquage au fer est dorénavant interdit.
Les juments Ster (S ou * ) : 20 à 30 % des effectifs
Elles peuvent passer « étoile » (Ster) au cours de l’inscription
à 3 ans au Stamboek mais cela reste peu fréquent, soit après
3 ans.
Ce prédicat est un plus pour la jument, ce qui signifie qu’elle
toise au minimum 1m55 au garrot, qu’elle possède une morphologie
et des allures supérieures à la jument Stamboek.
Les chevaux Ster doivent satisfaire aux exigences suivantes :
- Extérieur largement suffisant,
- Les allures doivent être absolument bonnes,
- Le pas doit être énergique, soutenu, et flexible avec un mouvement
d’épaule suffisant, mais jamais précipité; l’arrière-main
doit être fortement engagée sous la masse,
- Le trot doit être fortement soutenu, la poussée de l’arrière-main
doit être bonne ; il faut que l’allure soit légère,
qu’il y ait un moment planant et que le jarret soit suffisamment flexible.
Pas de mouvement balayant ou fauchant.
Elles étaient marquées d’un FS côté gauche
de l’encolure.
Les juments Model (M) : 2 à 5 % des effectifs
Le terme de « Model » parle de lui-même. La jument ne peut
être inscrite Model qu’après l’âge de 7 ans pour
la France. Les conditions veulent qu’elle soit d’abord Ster, qu’elle
ait ou qu’elle ait déjà eu un poulain et qu’elle toise
au minimum 1,57 m au garrot. Elle doit ensuite avoir, lors d’un jugement,
par suite d’allures exceptionnelles et d’une morphologie irréprochable
avoir reçu une première prime.
A la suite d’une année d’entraînement, elle subira
une épreuve de son choix (soit attelée, soit montée) pour
confirmer ou non son jugement de Model(provisoire) : épreuve de certificat
B pendant une épreuve IBOP (avec au minimum 77 points) ou un test d’aptitude
Model équivalent.
Elles représentent la fine fleur du Stud-Book, leur extérieur
sert d’exemple pour le frison idéal ; elles sont encore plus rares
que les étalons reconnus mondialement.
Elles étaient marquées d’un M après le FS côté
gauche de l’encolure.
D’autres prédicats concernent les qualités
de reproductrice/teur :
Les juments Preferent : + ou - 5 % des effectifs
Le terme de Preferent n’est pas décerné lors d’un
jugement. Sont Preferent toutes les juments (F, FS, FSM et Veulenboek et même
appartenant au Bijboek I) qui ont fait leurs preuves dans l’élevage.
Elles auront donné au moins 4 fils ou filles de grande qualité
(jument Ster ou Model - hongres ou entiers Ster ou étalons Stamboek,
y compris les étalons Vb approuvés pour la saillie).
Elles recevaient une Couronne marquée côté gauche de l’encolure.
Ce prédicat peut être attribué à titre posthume sur
la demande du propriétaire de celle-ci ou d’un propriétaire
de produit(s) qu’elle a engendré.
Les étalons Preferent : Ne deviennent Preferent que
les étalons qui ont suffisamment produit de juments et mâles de
très bonne qualité (Ster, Model, pref,) et surtout des fils étalons
STB. Ce prédicat est beaucoup plus dur, à obtenir que pour les
juments, seuls les inspecteurs du FPS peuvent décider, après étude
minutieuse de la progéniture, de l’obtention de ce prédicat
pour un étalon.
Les juments Mères de Prestation (Prestatie Moeder) :
+ ou - 1 % des effectifs
Ce Prédicat a été établi pour promouvoir l’utilisation
du cheval frison dans les diverses branches des sports équestres.
Prédicat qui est demandé par le propriétaire de la jument
et n’est délivré qu’à la condition que les
produits de cette jument aient prouvé leurs capacités dans les
épreuves sportives (au moins 3 produits) en donnant les résultats
extraordinaires de concours comme preuves.
Les Hongres ou Entiers :
A partir de 3 ans, tout hongre se présentant au concours peut être
inscrit au Stamboek s’il répond aux critères de jugement
établis par le FPS. Il recevait alors la marque F sur le côté
gauche de l’encolure et, comme pour les juments, s’il possède
des qualités exceptionnelles dans ses allures et sa morphologie il pourra
devenir Ster. Il devra toiser un minimum de 1,50 m et 1,55 m pour les hongres
Ster, il recevait un S côté gauche de l’encolure. Les entiers
doivent toiser 1,55 m pour être Ster mais ne sont pas marqués à
l’encolure.
EN TOUS LES CAS,
Seuls les chevaux totalement noirs seront admis à l’inscription
dans le Stamboek des étalons.
Pour les juments, hongres ou entiers, quelques poils blancs, une étoile
en tête et quelques poils gris aux lèvres inférieures ou
supérieures seront acceptés. Par contre les marques aux membres
ne seront pas autorisées et les chevaux resteront enregistrés
au livre des poulains (Vb) toute leur vie.
Par exemple, une pouliche née avec un pied blanc ou une balzane restera
inscrite au Veulenboek et ne pourra jamais entrer dans le Stamboek.
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Schématisation
des Papiers / Papier de la Mère et du Père |
Les Primes ou Premie, elles sont attribuées ou pas lors du jugement
en Concours d’élevage et se décomposent comme suit :
1ère Prime : flot orange - morphologie
et allures excellentes
2ème Prime : flot rouge - morphologie
et allures supérieures
3ème Prime : flot blanc - morphologie et allures standard (sans
défaut majeur)
Elles sont à prendre avec beaucoup de recul suivant la qualité
et l’âge du cheval, car par exemple une pouliche 1ère Prime
à 6 mois, même si elle s’y prédispose, n’obtiendra
pas forcément la même Prime à 3 ans ! Cela dépend
de beaucoup de facteurs, entre autre sa croissance (précoce ou tardive)
si le cheval est travaillé ou pas (sa condition physique) si le cheval
a du front (s’il aime se présenter en public, faire le show !)
Elles reflètent l’instant présent lors du jugement ainsi
un cheval peut très bien recevoir une prime supérieure ou inférieure
à son potentiel parce que ce jour là il se sera bien ou mal présenté
devant les juges !
LES ETALONS FRISONS
Il existe deux types d’étalons Frisons ayant droit de reproduire
dans le monde : les étalons Veulenboek et les étalons Stamboek.
Les étalons Veulenboek :
Ils étaient les seuls reproducteurs présents en France jusqu’à
fin 2002. Le FPS sélectionnait tout les ans quelques étalons autorisés
à saillir après examen des juges. Les produits issus de ces mâles
recevaient un papier officiel de couleur marron et étaient inscrits au
Livre I des poulains (Bijboek I).
Dans le cas de saillies d’un étalon non autorisé par le
FPS, les produits issus de ce mâle seront inscrits dans le Livre II des
poulains (Bijboek II) et recevront un papier de couleur bleue après qu’un
test ADN (se révélant positif) ait été effectué
à partir d’un échantillon de crin des dits parents et du
produit.
Les étalons autorisés à saillir devaient être présentés
tous les ans devant le jury FPS et pouvaient être retirés de l’élevage
dans le cas où, après examen des produits, on notait des défauts
imputables à l’étalon. Il devait, en gros, répondre
aux même critères qu’un étalon Stamboek ou il devait
fortement s’en approcher.
Les étalons Stamboek :
Ils sont sévèrement sélectionnés aux Pays-Bas. Ce
sont des mâles qui, à 3 ans, ont subi l’épreuve de
sélection de Leeuwarden (+ ou - 1 %) et qui, après soixante-dix
jours d’entraînement dans le centre du FPC à Drachten et
une épreuve finale de sélection, sont autorisés à
faire la monte pour une quantité limitée de saillies. Ces mâles
sont testés à tous les niveaux (morphologique, physiologique,
de caractère et sportif). Au bout de 4 ans de saillies, l’étalon
est jugé sur ses qualités héréditaires. 10 chevaux
sont choisis par le FPS et 10 autres par le propriétaire de l’étalon
pour subir un test d’entraînement de 5 semaines (ABFP) prouvant
les qualités héréditaires sportives de l’étalon
ainsi que les qualités morphologiques. Si l’étalon n’est
pas jugé améliorateur par rapport aux mères, il sera alors
retiré de l’élevage.
Les conditions d’inscription de l’étalon
Stamboek sont :
- toiser un minimum de 1,59 m à 3ans et 1,60 m à 4 ans
- avoir 3 générations avant lui de mères au minimum Ster
- avoir un père Stamboek
- n’avoir aucun défaut constaté par radiographie des membres
- une petite marque blanche en tête est tolérée
- posséder une morphologie irréprochable et des allures exceptionnelles,
un caractère docile
- ne pas posséder dans son ADN le gêne Alezan
- avoir un taux de fertilité suffisant

Lors du HENGSTENKEURING, concours
des étalons de Leeuwarden se déroulant sur 3 jours durant la première
quinzaine de janvier, les candidats étalons qui se présentent
pour devenir reproducteur du Stud-Book subissent une sélection de modèle
et allures très rigoureuses sur 3 tours.
Seulement environ 20 % du lot d’entiers de départ (entre 150 et
180 suivant les années) réussiront à passer ces sélections.
Ceux qui arrivent jusqu’au 3ème tour mais ne sont pas retenus reçoivent
d’office le prédicat Ster.
Toutefois tout n’est pas perdu pour ceux qui échouent, les propriétaires
peuvent en effet représenter leurs chevaux à des « concours
de rattrapage » ce qui peut leur permettre de rejoindre le groupe choisi
à Leeuwarden pour participer aux inspections centrales de Drachten.
Deux possibilités s’offrent à eux :
Le HERKEURING est une épreuve
de modèle et allures supplémentaire de repêchage pour les
entiers qui n’ont pas été retenus lors du concours des étalons.
C’est un choix très délicat car le propriétaire conteste
ouvertement la décision des inspecteurs du concours général
et demande une nouvelle inspection du cheval par un autre jury.
Le Herkeuring a lieu tout de suite après le Hengstenkeuring, fin janvier.
Le NAKEURING est une épreuve
de travail montée et attelée pour les entiers qui ont échoué
au troisième tour du Hengstenkeuring.
Cette inspection a lieu au mois d’octobre suivant, ce qui laisse le temps
aux chevaux de bien se préparer et de mûrir aussi bien physiquement
que mentalement car souvent ils sont très jeunes (2 ans, âge minimum
pour leur inscription, ils doivent atteindre 3 ans dans l’année
de sélection).
Les chevaux qui réussissent cette épreuve partent directement
au FPC à Drachten sans repasser par le Hengstenkeuring.
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compte-rendu du testage
d’un jeune étalon à sa sortie de Drachten |
La Sélection : difficulté et optimisation
De la création du FPS est né un ensemble de critères
d’élevage à mettre en oeuvre afin comme nous l’avons
dit précédemment de conserver et améliorer la race en tenant
compte tout d’abord du facteur consanguinité.
Dès lors, il fallait tenir compte à la fois de l’influence
de l’étalon mais également et surtout de celle de la jument.
Il était donc indispensable de mettre en place un support technique évolutif
pour les deux parties.
D’où la schématisation des 3 grandes lignées d’étalons
: Tetman, Age et Ritske, que vous trouverez plus loin ainsi qu’un livre
(2 tomes) regroupant toutes les lignées maternelles : Stam, permettant
de réaliser de visu de la qualité des produits (Juments Ster,
Model, … +Pref ; Etalons Stamboek ou Vb ; entiers ou hongres Ster) et
de leur prolificité.
Ainsi certains Stam sont plus intéressant que d’autres, soit pour
leurs qualités d’élevage pur ou leurs résultats dans
le sport, voire les deux, ou bien encore leur rareté de sang. En sachant
que le livre des juments a été édité en 97 et qu’il
existe un fascicule (Aflevering) qui sort tous les ans avec la liste des nouvelles
juments et hongres inscrits au STB et autres predicats. De même, tous
les ans, le FPS sort les nouvelles fiches des étalons pour mise à
jour du livre des étalons.
Chaque étalon fait l’objet, en plus de celle réalisée
sur lui-même à Drachten d’une étude approfondie sur
les qualités ou défauts qu’il a transmis à ses produits
durant ces 3 premières années de saillies.
Delà, il en ressort un index à partir duquel on peut se rendre
compte des points forts et des points faibles de l’étalon et ainsi
nous permettre d’orienter notre choix par rapport à la jument à
saillir.
Ces informations sont valables qu’il soit reconnu sur sa descendance ou
pas. Il est toujours intéressant de veiller à prendre en considération
un facteur gênant
qui pourrait être accentué en choisissant un étalon ayant
un problème similaire : par exemple pour la transmission du blanc, si
la jument est déjà issue d’un étalon ayant un fort
pourcentage de transmission du blanc, il faut veiller à ne pas choisir
un étalon qui donne lui aussi du blanc ou risquerait d’en donner
(si c’est un jeune dont l’index n’est encore disponible) du
fait de sa mère, de son père ou des deux car ce phénomène
peut sauter des générations.
On parlera également de l’influence de certains étalons
n’ayant certes pas obtenus le prédicat Preferent mais ayant fortement
marqué leurs produits.
Ils sont appelés « Stempelhengsten » (étalon marqueur)
pour l’empreinte qu’ils ont laissée dans l’élevage.
Lire l'article : L’importance de l’étalon
pour l’élevage, d’après E.Dijkstra
Toute jument entrant où pas au Stamboek à 3 ans fait elle-même
l’objet d’une étude «extérieure» lors
du jugement en concours d’élevage : le
Lineair Scoren.
Un extrait du Phryso de mars 1995 en dit un peu plus :
« Pendant les saisons de testage de 1993 et 1994 le FPS a fait des
expériences de scores linéaires. Lors des testages un certain
nombre de membres du jury ont rempli un formulaire de scores linéaires.
Ce formulaire n’a pas été remis au propriétaire du
cheval testé, mais on l’a utilisé pour évaluer ce
système. Dans le courant de la période intermédiaire quelques
points du formulaire ont été adaptés. A partir de la saison
de testage de 1995 le propriétaire d’un cheval qu’on a jugé
au moyen de la méthode linéaire recevra après testage,
par l’intermédiaire du secrétariat du FPS, une copie du
formulaire rempli.
Le formulaire sera accompagné d’une explication claire. On proposera
à la réunion des membres du FPS d’augmenter le tarif d’inscription
de dix florins (principe du profit). On utilisera la méthode linéaire
que pour les juments, hongres et étalons de trois ans, aussi bien aux
Pays-bas qu’à l’étranger.
Le but du formulaire de scores linéaires est de décrire les parties
(caractéristiques) d’un cheval et de traiter ensuite ces données
au moyen de l’ordinateur. De cette manière il sera possible d’informer
très exactement le propriétaire du cheval jugé et de fixer
très précisément la puissance héréditaire
d’étalons.
Dans l’avenir le schéma + et - servant à déterminer
la valeur d’élevage d’étalons frisons pourra être
remplacé par un indice encore plus précis et plus fiable de l’extérieur.
Il faut faire la distinction nette de deux choses : l’évaluation
et la constatation. La méthode des scores linéaires est fondée
sur la constatation. Le point de départ de la méthode linéaire
est la moyenne de la population de la race. Les parties à juger sont
jugées séparément les unes des autres.
Le formulaire : les scores vont de 5 à 45. C’est à dessein
qu’on a choisi cette division, parce qu’une échelle de 0
à 10 ressemble trop à un système de points. Voilà
pourquoi on a opté pour l’échelle de 5 à 45 où
25 est le point de départ (c’est-à-dire : la moyenne de
la population de la race).
Sur le formulaire le cheval est divisé en 25 parties dans la première
colonne.
Exemple : l’épaule ; sur le formulaire l’épaule est
divisée en deux caractéristiques : épaule courte/longue
et épaule raide/oblique. En regardant l’épaule le juge doit
se demander si cette épaule est plus raide ou plus oblique. En regardant
l’épaule le juge doit se demander si cette épaule est plus
raide ou plus oblique que la moyenne de la race (population). On indique la
moyenne par le score 25. Les différences par rapport à la moyenne
sont indiquées par un nombre qui est plus éloigné du score
25 à mesure que la différence par rapport à la moyenne
est plus grande. Plus raide l’épaule, plus bas le score ; oblique
l’épaule, plus élevé le score.
Autre exemple : les membres postérieurs. Les aplombs des membres postérieurs
sont divisés selon les caractéristiques suivantes : membres arqués/genoux
de bœuf et membres creux/droits. Pour les deux aplombs on se base de nouveau
sur la moyenne de la population de la race. Un cheval qui a les membres plus
arqués ou qui a des genoux de bœuf plus que le cheval moyen aura
un score inférieur ou supérieur à 25. La même chose
vaut pour les membres creux/droits. Les membres qui sont plus creux que la moyenne
auront un score supérieur inférieur à 25 et les membres
qui sont droits que la moyenne auront un score supérieur à 25
. Et ici s’applique la même méthode de juger : plus grande
la différence par rapport à la moyen ne,
plus le score s’éloigne de 25.
Pour avoir une bonne intelligence de l’élevage il est nécessaire
de marquer des scores quelque peu extrêmes. Voilà pourquoi il faut
indiquer nettement les différences par rapport à la moyenne pour
avoir une intelligence plus précise des animaux pères dans l’élevage.
Pour finir, en bas du formulaire vous trouverez une bande grise. Dans cette
bande le jury exprime son jugement de votre cheval au moyen d’une note
pour six aspects. »
Aujourd’hui le « lineair scoren » n’a pas changé
dans sa forme, seulement certains critères ne sont plus jugés
que sous un de leurs aspects (par exemple, l’épaule n’est
plus jugée que sur raide/oblique), de même dans la bande du bas,
la musculation n’est plus notée.
Autant d’informations qui ne sont plus là pour nous aider à
mieux cerner le physique de notre cheval dans le but bien entendu d’optimiser
ses qualités et de corriger ses défauts, une recherche plus personnelle
désormais ! ».
Les Tests I.B.O.P. et A.B.F.P.
De même, chaque cheval peut effectuer un test d’aptitude, dont
les résultats peuvent servir à apprécier son cheval autrement
que par son aspect extérieur et ainsi orienter différemment son
choix d’étalon, en tenant d’avantage compte des aptitudes
sportives.
Extrait du Phryso n°4-Avril 1994 : « Jusqu’à présent
le seul test de performance des chevaux du F.P.S était l’épreuve
I.B.O.P Pour l’éleveur individuel l’épreuve I.B.O.P
est très utile, mais du point de vue de la technique de l’élevage
on pourrait douter de l’utilité de cette épreuve. Ce sont
surtout les influences de l’entourage (l’entraînement et l’influence
du cavalier) qui domine pendant L’I.B.O.P.
Voilà pourquoi le F.P.S a décidé d’organiser dans
son Centre, à part l’I.B.O.P, un testage de chevaux Frisons, dit
test d’aptitude et d’utilité de chevaux Frisons : A.B.F.P.
Le test vise à juger de façon objective les dispositions naturelles
du cheval, comme cheval (dressage attelé et/ou de conduite) et/ou comme
cheval de dressage sous la selle. A part l’épreuve I.B.O.P on disposera
ainsi d’un instrument de mesure pratique du point de vue de la technique
de l’élevage pour juger les aptitudes des chevaux. Un autre avantage
du test effectué dans le centre est de pouvoir juger le caractère
et le comportement dans l’écurie.
Les résultats de l’A.B.F.P pourront aider l’éleveur
à choisir un étalon qui est approprié à sa jument.
L’éleveur a un jugement objectif de son cheval à sa disposition.
Ce qui est important pour l’élevage, c’est qu’à
long terme les résultats permettent de se faire une idée de l’hérédité
des étalons.
L’intention du F.P.S est également de faire valoir l’A.B.F.P
, à part l’I.B.O.P, comme l’exigence pour accorder la déclaration
modèle. Après l’évaluation de ce premier A.B.F.P
le nombre des notes obtenues devra être fixé.
La durée du test est de cinq semaines. Les chevaux sont entraînés
6 fois par semaine. Cinq fois par semaine des travaux adéquats qui seront
intensifiés dans le courant de la semaine. Une fois par semaine des exercices
de récréation et un jour de repos.
L’entraînement varié se compose de :
- dressage
- conduite
- exercices à la longe
- travaux sur le terrain, entre autre entraînement du galop pour la mise
en condition.
Les chevaux sont entraînés par des cavaliers formés spécialement
à cet effet, puisque l’influence du cavalier / meneur ne doit pas
être de poids déterminant.
Les chevaux seront jugés cinq fois par un jury indépendant dont
deux des membres seront désignés par le F.P.S et dont le troisième
membre sera le chef de l’entraînement.
Sur une échelle linéaire qui va de 0 à 100 points, les
caractéristiques suivantes seront jugées : pas, trot, galop, épreuve
sous la selle, épreuve de trait, épreuve du cheval harnaché
(les dispositions dans ce domaine). En outre seront jugés le caractère
(aptitude à réaliser des performances), comportement dans l’écurie
et finalement un rapport de l’entraînement sera établi.
A la fin du test les notes obtenues seront jugées par semaine, ensuite
la note définitive pour chaque partie du test pourra être fixée.
On a choisi cette méthode pour pouvoir tenir compte du développement
des performances du cheval et des différences d’âge.
Après jugement final le propriétaire du cheval recevra un certificat
accompagné de la liste des obtenues ».

Tout ceci nous amène donc à aborder le sujet de la Consanguinité
chez le cheval Frison.
Depuis la création du Stud-Book et avec, l’entreprise de sauvegarde
de la Race, le F.P.S. a mis en place un système de calcul du coefficient
de consanguinité pour chaque Frison répertorié (c’est
à dire avec des papiers !).
Le but étant, bien entendu, d’optimiser la sélection et
ainsi de donner aux éleveurs un critère de plus dans leur choix
pour les aider au mieux à palier aux risques liés à la
consanguinité, la race ayant été sauvée de justesse.
Ainsi, chaque éleveur dispose d’une somme d’informations,
comme nous l’avons vu précédemment, ayant trait aussi bien
à la jument par le biais de son pedigree et/ou des tests qu’elle
a elle-même effectués (IBOP / ABFP), qu’à l’éventuel
étalon choisi pour la couvrir par son pedigree, et différents
tests et examens de contrôle subis par celui-ci.
Un étalon ayant été approuvé sur sa descendance,
a donc fait ses preuves en tant qu’améliorateur ; alors qu’un
tout jeune étalon fraîchement sorti de Drachten, ne peut être
choisi que par rapport à son extérieur (morphologie), à
son pedigree et aux notes et appréciations obtenues lors du testage et
non bien évidemment sur ce qu’il n’a pas encore produit,
mais plutôt sur ce qu’on espère qu’il transmettra (son
capital génétique). Reste donc à projeter nos « espérances
» sur la jument pour en améliorer les défauts mis en évidence
sur son Lineair Scoren et/ou sur la qualité de ses notes obtenues en
épreuve IBOP par exemple, bien que l’un découle de l’autre.
En effet, si par exemple la jument à une encolure courte, il se peut
qu’elle n’ait pas obtenu une bonne note au galop par manque d’équilibre
donc de régularité. On orientera notre choix de ce point de vue
vers un étalon ayant une belle longueur d’encolure.
Mais tout n’est pas aussi simple et il faut prendre beaucoup de recul
vis à vis de tous ces indicateurs car ils ne sont là que pour
rationaliser ce qui relève du mystère de la genèse.
Ils sont néanmoins très utiles car ils servent en quelque sorte
de « garde fou » afin de nous faire mesurer l’importance de
nos choix ; bien que certains n’hésitent pas, encore de nos jours,
alors que la race ne craint plus de disparaître, de faire de « l’inbreeding
» en français quelque part de « l’inceste » au
risque de produire des « tarés ».
Il est certain que la pureté d’une race
tient à la pureté de son sang. L’absence d’apport
de sang (de gènes) extérieurs à la race entraîne
des conséquences pratiques (relevées dans toutes les espèces)
telles que les difficultés de reproduction (infertilité, fertilité
complexe, complications post-partum…) des sensibilités à
certaines affections (cardiaque, pulmonaire…) des malformations congénitales
touchant souvent l’appareil locomoteur (problèmes d’accrochement
de rotule…) ou d’ordre psychologique avec des troubles du comportement
pour les moins dangereux dans leur rapport avec l’homme.
Le Frison est un cheval unique et il incombe aux éleveurs qu’il
le reste.
C’est entre autre, une opportunité qu’offre l’A.F.C.F.
à ses éleveurs adhérents par le biais d’une information
totalement « neutre » (dépourvue d’intérêts
financiers !) quant aux choix d’élevage en matière d’étalon.
Les concours d’élevage
Chaque année ont lieu sur l’hexagone plusieurs concours d’élevage
répartis par région et regroupés généralement
sur 2 week-end.
L’A.F.C.F est le seul organisme en France à organiser des concours
d’élevage, sous l’égide du F.P.S. Un jury composé
de juge hollandais officiels du F.P.S se déplace tous les ans donc, afin
d’inscrire les poulains au Livre des Poulains (Veulenboek), de délivrer
des primes FPS à l’élevage, d’inscrire les juments
et les hongres au Stud-book avec éventuellement un prédicat Ster
comme expliqué précédemment.
L’A.F.C.F peut également remettre des Prix, différents des
primes du FPS. Ils sont délivrés lors du concours selon jugement
du jury FPS mais sont de moindre importance. Ils sont bien souvent un encouragement
à l’utilisation du Frison et ne sont en aucun cas inscrits sur
les papiers d’origine. Ils sont représentés en général
par des flots ou plaques aux couleurs de notre Association.

Lors des concours, nous voyons des juments seules ou suitées, des hongres,
des entiers.
Les poulains doivent être présentés sous la mère
et après jugement ils reçoivent une puce électronique.
Les juments et les hongres en âge de rentrer au Stud-book (à partir
de 3 ans)
sont toisés afin de vérifier qu’ils correspondent au standard
de la taille pour leur catégorie ; ces indications sont notifiées
sur le papier officiel.
Les entiers désormais peuvent recevoir le prédicat Ster mais ne
sont jamais primés.
Les poulains mâles ne sont jamais primés dès lors qu’ils
ne sont plus sous la mère ; ils sont tout de même classés
et l’on peut demander l’avis des juges.
Les concours se déroulent par catégories, comme suit :
I - Poulains et pouliches de l’année
II - Poulains et pouliches de 1 et 2 ans
Le meilleur poulain ou la meilleure pouliche de l'année et la meilleure pouliche de 1 et 2 ans concourent pour le Championnat Jeunesse.
III - Juments de 3 à 7 ans
IV - Juments de 7 ans et plus
La meilleure jument de chaque catégorie (III et IV) ainsi que le meilleur Hongre concourent pour le Championnat Adulte.
Et enfin les champions s’affrontent en une ultime présentation
pour la place de Champion de la Journée.
V - Hongres et entiers non destinés à la reproduction
VI - Meilleur cheval sous la selle
Selon la région de concours et les possibilités d’organisation
cette catégorie peut ou pas avoir lieu.
Cette épreuve est réservée à tous les chevaux montés
(hongres, entiers, juments). Les chevaux sont présentés ensembles
sous la selle aux trois allures et sont classés en fonction de leurs
aptitudes et de leurs allures.
Pour être inscrits au concours les chevaux doivent avoir leur papier FPS
en règle, c’est à dire au nom de leur propriétaire,
ce dernier devant être, lui-même, à jour de cotisation auprès
de notre association. Le cheval doit être également identifié
auprès des Haras Nationaux et de ce fait posséder un document
SIRE et avoir son carnet de vaccination à jour.
Avec les inscriptions sont précisés quelques conseils afin de
présenter au mieux son Frison devant les juges.
Ces journées de concours offrent la possibilité à chacun,
éleveur, utilisateur, amateur de se rencontrer et d’échanger
sur leur passion commune : le Frison.
Le 14 Septembre 2002, pour fêter le 20ème anniversaire de l’A.F.C.F.,
nous avons exceptionnellement organisé un grand concours national sur
le parc F.F.E de Lamotte Beuvron. Nous avons eu la joie de partager, sous une
belle journée ensoleillée notre passion avec un public venu en
masse admirer pas moins de 5 étalons Stamboek, et prêt de 200 chevaux
frisons. Nous espérons pouvoir renouveler cet évènement,
peut-être avant la prochaine décennie et éventuellement
sous une autre formule, nous y réfléchissons !
En attendant vous êtes tous les bienvenus lors de nos concours régionaux
et autres manifestations, consultez notre agenda
pour en savoir plus.
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